vendredi 22 mai 2009

La rencontre

Dimanche, c’est la rencontre, qui y tient de l’importance ? Certains oui, certains non. Aujourd’hui c’est déplacement plus d’une heure de trajet. Rendez-vous est donné au club dès l’aube pour le départ, forcément il en manque un, toujours le même, en retard. Cinq, puis dix minutes c’est déjà trop, il fait chier toutes les semaines c’est la même chose, alors nous n’attendons pas plus et allons directement frapper à ses volets, car bien entendus tous les téléphones sont coupés. « Debout Fred ! C’est l’heure ! » Fred est fêtard, mais Fred est doué. Les yeux encore fermés, les cheveux emmêlés, l’haleine fétide le quatrième homme se réveille, et le périple commence avec une demi-heure de retard. Les pointillés de l’autoroute défilent, la musique carillonne dans les tympans, les discussions sont sportives, résultats du championnat de foot de la veille, dernier exploit du numéro un mondial de tennis, et les prouesses sexuelles de Fred de ces dernières heures. L’échéance approche, le parking encore désert du club a gardé les séquelles du « burn » de la nuit et les cannettes de bière jonchent le sol. Ce matin c’est couvert, ciel sombre petit vent pas très agréable, « On va jouer dedans ou dehors ? » Malgré les apparences le chalet d’accueil est ouvert, le juge arbitre nous attend, un retraité. Notre pilote à rattraper le retard, nous attendons nos adversaires avec un café infecte, des croissants infâmes du discount voisin. Ils arrivent, au début les sourires et tutoiement sont de rigueur, selon la tournure des évènements cela peu changer en cours de journée. Echauffement sur le court central, le filet est trop bas. Fred vient de découvrir que le cordage de sa raquette est cassé, normal il n’a pas joué depuis un an, on lui en prêtera une. Le tirage au sort des matches est fait, la rencontre se jouera dehors. Les heures avancent, et les choses sont plutôt mal engagées pour les visiteurs, les deux premiers simples sont déjà perdus. Fred commence sa partie avec un seul œil d’ouvert et une raquette ne lui appartenant pas, sa dégaine sur le court laisse à désirer, ses vêtement froissés sentent la clope et il y a une grosse auréole jaune sur le short « moule bite » datant de quelques décennies déjà 6/0 pour son adversaire. Le retour à la maison sera précoce, et nous pourrons regarder le match du tournoi des six nations. Notre numéro un possède un beau tennis et il est rare de le voir perdre même s’il joue un adversaire mieux classé, d’ailleurs il remporte son match aisément. « Ça ressemble à une journée de merde ! » hurlement proféré par Fred et raisonnant dans tout le quartier après avoir raté une volée immanquable. Mais généralement cela signifie que le lion qui sommeille en lui est en train de se réveiller, effectivement son deuxième œil s’est ouvert. Les locaux sont des mecs sympas ça parle, ça rigole, évidemment les évènements plaident en leur faveur mais… Fred est en train de retourner la situation, apprivoisant à présent la raquette. Il distribue avec dextérité le volatile jaune et son adversaire commence à perdre pied et voit rouge devant un adversaire qui ressemble plus à un sans domicile fixe qu’a un mousquetaire de la Porte d’Auteuil. Le temps se gâte, les sourires se crispent, les mots volent, les regards se durcissent et se noircissent : La tension monte. Deux victoires partout, double décisif. Les quatre joueurs s’échauffent, la partie débute et les supporteurs des locaux commencent à se faire entendre, tout au plus une quinzaine de personnes. Malgré quelques remarques déplacées, quelques contestations rien y fera les visiteurs remporteront la victoire, les poignées de mains sont froides, les adversaires se font la gueule, l’un partira sans même participer au repas. Dans les douches « visiteuses » c’est la jubilation après se retournement de situation, Fred une fois encore malgré sa dégaine fera encore parler de lui. Le repas est expédié sur le comptoir su bar, il ne reste qu’un seul joueur du club, les bolognaises sont froides, le vin rouge pique, les gâteaux sont ratés. La semaine prochaine nous recevons et l’accueil sera convivial quoiqu’il en soit.

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